dimanche 8 juillet 2018

ATELIER D’ECRITURE FANTASY – Deuxième rencontre


L’Atelier d’Ecriture fantasy de Chièvres est maintenant sur ses rails et — même si mon petit défi sur Scribay n’a pas eu le succès escompté parmi les participants — tout le monde a eu l’occasion d’exposer son projets et sait dans quelle direction aller…

Constant nous proposera « Les ombres de la forêt », une expédition ou d’héroïques chevaliers d’élite seront confrontés à de maléfiques créatures. (oui c’est classique, mais tout à fait assumé) ainsi qu’une sombre histoire de chasse aux sorcières moyenâgeuse dans le cadre de la léproserie de Chièvres. J’avais proposé un titre et l’idée d’une superbe illustration pour ce second récit, mais l’auteur a décliné cette offre, pourtant fort efficace d’un point de vue commercial.

Stephane a lui aussi plusieurs récits en tête : une nouvelle qui se déroule à l’époque romaine, aux alentours d’une villa récemment mise à jour dans la région. Un officier roman traque un redoutable druide séditieux, mais ce dernier lui lance une terrible malédiction…
Parmi ses autres projets, je cite de mémoire les complots royaux dans un pays fictif germano-slave du 14e siècle et une rencontre improbable entre diverses créatures de la littérature fantastique dans les années 20.

Elisabeth élabore son roman ou une jeune fille est réincarnée dans un univers fantastique ou elle cherche à retrouver sa famille et à retourner dans son monde d’origine, cependant la déesse de ce nouveau monde n’a pas l’intention de la laisser partir.
Dans le cadre de l’atelier et de l’anthologie, elle nous révélera un élément particulier de son univers,

Eglantine a déjà une idée précise de son héroïne : Neven (ciel en Breton) une jeune fille de 17 ans ayant un oiseau pour symbole… mais elle s’est bien gardé de nous révéler vers quels cieux s’envolera cet oiseau.

Pierre — last but not least, sans fausse modestie — votre serviteur vous prépare « L’étrange Hallloween de Scroodgezar le sorcier », un sympathique petit conte d’Halloween qui vous dissuadera à tout jamais d’aller réclamer des bonbons dans la région, et en particulier dans les sinistres bâtisses ou chardons et orties envahissent le jardin.
(tiens, ça me rappelle que j’ai quelque chose d’urgent à faire, mais je ne me souviens plus quoi)

Après avoir détaillé les différents projets, et juste avant de nous lancer dans une partie de personnages à deviner avec un post-it sur le front (le même jeu que dans le film déjà culte « Inglorious Basterd », mais sans les uniformes faute de tissus vert-de-gris), nous avons échangé de nombreuses idées et réflexions sur de grandes œuvres de littérature (fantasy mais pas uniquement), présente et plus ancienne, pour lesquelles quelques références semblent utiles.

« Les Rois Maudits » (Maurice Druon — 7 volumes)
Indispensable pour le projet de Stephane, il servira également à Constant pour étoffer les intrigues politiques de son univers. J’ai relevé que de nombreux auteurs de fantasy — y compris de très bons — créent des univers intéressants, mais réduisent les questions « politiques » au strict minimum, au risque de décevoir le lecteur en quête d’explications (oui oui, il y en a).
Ici, Maurice Druon nous dresse tous les éléments « politiques » de la France et de l’Angleterre qui précèdent la guerre de cent ans — soit toutes les clés pour la comprendre. Cette œuvre a servi d’inspiration pour Game of Thrones, et ce n’est franchement pas par hasard.

« L’enfant tombé de nulle part » (Roger Zelazny)
Ce roman répond à la question inévitable qu’on posera au créateur d’un héros qui voyage d’un monde « moderne » vers un univers de fantasy : « pourquoi lui en particulier ? »
Dans ce monde, le sorcier Mor doit combattre son propre fils, Det Morsson, qui s’est tourné vers le mal. Après la victoire se pose un problème : que faire de Pol, fils nouveau né de Det ? Mor décide de le déposer dans un autre univers — un univers sans magie — et ramène à sa place Markus, le fils d’un technicien. Mais l’hérédité étant ce qu’elle est, Markus est irrésistiblement attiré par la cité interdite ou il découvre une puissance contre laquelle les magiciens sont désarmés : la technologie.
Pol Detson doit revenir dans son univers et affronter l’enfant avec qui il a échangé sa place.

Innocent Blood (film)
Polar vampirique dans les années 60.
Une vampire justicière met un point d’honneur à se nourrir exclusivement d’individus détestables. Machos grossiers, escrocs sournois sont ses proies habituelles, mais l’envie lui prend de goûter le sang méridional de la mafia locale. Mal lui en prend car, surprise par un détective lancé à ses trouses, elle doit laisser sur place sa dernière victime qui ne tarde pas à se relever sous forme de vampire… et de surcroit, un vampire bien décidé à changer le visage de la mafia.
Ce qui est remarquable, c’est la place donnée aux fils d’épouvantes de l’époque (en noir et blanc), à croire que la télévision de l’époque ne passait rien d’autre.

Conan — (nouvelles de Robert Howard — film de John Milius)
Le personnage de Conan a été créé par Robert Howard pour de courtes nouvelles à paraître dans des magasines comme Weird Tales. A l’origine, Howard était plus intéressé par des récits d’aventure que par le fantastique, mais l’envie de mettre de la sauce tomate et des saucisses sur ses haricots l’a incité à s’adapter, ce qui explique la qualité parfois inégale de son œuvre.
La représentation classique de Conan le montre combattant férocement une horde d’individus encore plus primitifs que lui-même (sisi, c’est possible) avec accrochée à sa jambe une superbe jeune fille qui — malgré sa situation périlleuse — n’en jette pas moins des regards lascifs en direction du spectateur. L’idéal pour attirer le chaland.
Le premier film, Conan le Barbare, donne une idée assez correcte de l’univers d’Howard, avec ses combat, l’ambiance « dépravée » de ses tavernes, ses maléfiques sorciers et ses monstres écailleux. Il est encore un film culte chez les amateurs de fantasy.
Le second, Conan le Destructeur, surfe sur la réussite du premier, mais est plutôt raté (malgré la beauté des décors, des costumes et bien entendu des actrices). Le personnage de Thôt-Amon, qui dans les récits d’Howard est un redoutable nécromancien capable de faire s’écrouler un royaume n’est plus qu’un illusionniste de foire, les compagnons de Conan sont peu crédibles (en particulier Malak le voleur dont la réplique « un d’entre nous devrait rester en arrière… » a inspiré Naheulbeuk), même Akiro le sorcier (présent dans Conan le Barbare) semble avoir perdu son aura.

Les affiches fort peu « féministes » de l’époque Conan
Petite parenthèse sur cette fameuse « représentation de Conan » qui fait sourire aujourd’hui, mais qui était tout à fait dans l’air du temps dans les années 80-90.

On trouve quelques exemples simlaires dans les affiches des premiers Star Wars :
Très proche des "conan", mais ils n'ont pas osé accrocher Leia aux jambes du héros


Une superbe tenue de Leia à faire craquer un hutt... ce n'est malheureusement pas réciproque



Pour celle là, il faut que je revisionne le film au ralenti pour trouver une tenue qui ressemble...


Celle ci enfin devrait réduite toutes mes réticences à l'appel de l'aventure


Dune (film de David Lynch, Cycle de romans de Frank Herbert)
Malgré tout le côté "steampunk kitch" qu'on peut lui trouver, j'ai adoré ce film.
Je n'ai noté qu'une seule infidélité par rapport aux romans: Dans le film, le héros n'a aucun objection pour devenir un "prophète fremen" et lancer sa croisade, mais dans les romans, il ne le souhaite pas. Il est même déçu lorsque ses anciens amis deviennent ses "adorateurs".
Comme Constant l’a fort justement fait remarquer, ce récit est une inspiration intéressante pour créer un climat extrême, bien plus rigoureux que nos déserts terriens (et qui justifie précisément l’emploi par les fremen de tenues spéciales qui recyclent la sueur des porteurs).

En conclusion : le travail d’écrivain ne se limite pas à inventer des histoires et à les mettre par écrit, il faut aussi en lire énormément, et visionner d’impressionnantes quantité de films et de documentaires.
Et la dessus, je m’en vais de ce pas faire des heures supplémentaires...

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